La genèse d’une passion, Partie 1

Bon, après quelques articles parus sur le blogue, que vous lisez assidument (oui, oui, les statistiques de fréquentations le confirment!) vous devez sûrement vous demander comment on en vient à être trailbuilder?
Tout bêtement par une bulle au cerveau! Mais z’encore, donne-nous un peu de viande après l’os mon cher Séb! Observons le tout de plus proche pour voir quelle cellule a éclaté!

Je ne tiens pas à offenser le potentiel intelectuel de la vache mais bon....j'avais besoin d'un lien avec une cellule de cerveau qui éclate!
Je ne tiens pas à offenser le potentiel intellectuel de la vache mais bon….j’avais besoin d’un lien avec une cellule de cerveau qui éclate!

Tout d’abord, il y a des signes qui ne trahissent pas, par exemple lorsque vous vous promenez en forêt et que vous êtes en pâmoison devant des escaliers en pierre, des marches en talus ou bien des inukshuk. Ou encore si vous êtes interpellé par l’énoncé « un travail d’humain dans un monde de titans » car, c’est un peu ça notre métier: rendre possible de se mouvoir à travers l’immensité qu’est la montagne. Ou bien si vous passez beaucoup de temps à fignoler la glissade en neige des enfants!  Si vous avez répondu oui à ces énoncés, vous courrez la chance de semer en vous la graine du trailbuilder!

Certains de mes souvenirs sont flous, ils remontent à loin: mes premières marches en forêt étant petit. Plus tard, en allant en randonnée aux parcs des Hautes-Gorges à l’acropole des Draveurs et dans les Chics-Chocs (Mont-Albert et Jacques Cartier), j’ai ressenti cet appel de la montagne qui me disait: « Envoye, viens faire des trails! T’es pas game! ».  À cette époque, j’habitais la grand’ville et j’ai laissé sécher un peu cet appel! Mal m’en pris car cet appel a bien finit par me rattraper quelques années plus tard.

East Hereford, 7h du matin en octobre. Le froid pique le bout du nez. La montagne attend ses amis qui construise des sentiers.
East Hereford, 7h du matin en octobre. Le froid pique le bout du nez. La montagne attend ses amis qui construisent des sentiers.

C’est à l’automne 2012, par des circonstances nébuleuses aux contours non-définis, que j’ai mis la main à la terre. J’ai allumé que construire des sentiers pourrait faire partie de ma vie. Laissez-moi vous raconter cette histoire qui, je l’espère, pourra continuer encore le plus longtemps possible!

Je me suis retrouvé avec une bande de joyeux hirsutes, au Mont Owls Head, pour construire une piste de vélo de montagne. Une manche de la coupe Québec de Descente de vélo de montagne s’y tiendrait quelques semaines après. On était une bonne vingtaine de bénévoles (la plupart des riders) à avoir travaillé du matin jusqu’au soir pour que la piste soit prête pour la course. Je n’avais jamais fais de vélo de montagne, je n’avais jamais fait de trails non plus! J’ai joué le rôle de l’outsider heureux de faire partie de cette réalisation et de découvrir quelque chose de nouveau. J’en ai profité pour me familiariser avec le dialecte du biker: un berm (virage incliné), un switchback (virage aller-retour pour couper la pente), un gap (trou à sauter), la chicken pass (la passe du peureux!). J’ai goûté au plaisir de trouver la roche qui fitte à la bonne place et à la franche camaraderie qui anime cette communauté. J’étais ravi de mon expérience! Et évidement, je suis retourné pour la course!  Question de voir comment ça ridait!

Course de descente, coupe du Québec, Owl's head, automne 2012
Course de descente, coupe du Québec, Owl’s head, automne 2012

Je ne me doutais pas que cela deviendrait ma job à temps plein au printemps suivant!  C’est mon ex-femme, Marie-Eve, (encore merci pour le contact!) qui m’a dit: « Jérome cherche du monde pour les trails » appelle-le. Jérome, c’est Jérome Pelland de Sentiers Boréals, un constructeur de sentiers de vélos de montagne reconnu partout au Québec. Après une brève entrevue, j’étais engagé. Rendez-vous le 29 avril à Victoriaville pour commencer le travail!

À Gaspé! Avec Mahicans en avant, Moi au milieu, Maxime en haut et Jérome dans le fond! Martin devait prendre la photo! Une équipe géniale!
À Gaspé! Avec Mahicans en avant, moi au milieu, Maxime en haut et Jérome dans le fond! Martin devait prendre la photo! Une équipe géniale!
Ce cher Martin!On ne pouvait pas l'oublier!
Ce cher Martin! On ne pouvait pas l’oublier!

Et c’est ainsi qu’une porte, que dis-je, un horizon, une nouvelle dimension se dévoilait à moi et m’attendait avec le sourire. Entouré de mes fidèles compagnons de sentiers, nous avons sillonné le Québec d’un bout à l’autre! Hit the road mon Séb! Mets-en! On en a fait du millage cet été-là: Victoriaville, East Hereford, Sherbrooke, Mont Pinacle, Forestville, Baie-St-Paul, Bras du nord, Gaspé… Que de paysages et des souvenirs plein la tête! Tout plein d’endroits que je n’avais jamais vu!

Passé Ste-Anne-des Monts, là où la route est à la même hauteur que le Fleuve St-Laurent! Avec du vent et les fenêtres ouvertes, c'est magnifique!
Passé Ste-Anne-des-Monts, là où la route est à la même hauteur que le Fleuve St-Laurent. Avec du vent et les fenêtres ouvertes, c’est magnifique!  L’air est vif, ça sent le sel.

Pour moi, ce fut le début d’une série d’apprentissage et de choses nouvelles. Ce ne fut pas toujours facile de composer avec les éléments: pluie, froid, chaleur et un travail très physique. Mais bon, j’apprenais à conduire une pelle mécanique, un bulldozer, un loader, un 4 roues et un transporteur sur chenille. Je jubilais! Un rêve de ti-cul! (J’assume totalement: l’hydraulique j’adore!) Ce fut aussi l’occasion d’apprendre à manier les outils, de construire les sentiers selon les règles de l’art, prévoir l’évacuation d’eau, faire des ponts et autres structures en bois, sculpter les berms et les sauts. Que dire de plus? Je me sentais bien et vivant. Fatigué mais heureux. À ma place à l’intérieur d’une équipe.

Une piste de pompe (pumptrack) à Baie St-Paul. Le but est de faire le tour sans pédaler en
Une piste de pompe (pumptrack) à Baie St-Paul. Le but est de faire le tour sans pédaler en « pompant » les bosses et en prenant les jumps et virages inclinés. J’ai adoré l’expérience de construction de ce projet.

Alors voila! J’ai délibérément fait mon agace pour vous laisser sur votre faim!  Un vrai scénario Hollywoodien!  De retour la semaine prochaine pour la suite de notre fabuleuse aventure au pays des trailbuilders!  D’ici là, amusez-vous!  C’est l’automne, y fait beau, il y a plein de belles places à aller pour faire du vélo et de la rando!

A+

Sébastien Boismenu

2 réflexions sur “La genèse d’une passion, Partie 1

  1. Avatar de MGGUIOMAR MGGUIOMAR

    Merci Sébastien, c’est vraiment bien ce que tu écris. Plus factuel que subjectif. C’est le choix de l’éclairage sur les faits qui devient sobrement subjectif et révèle l’homme-humain. Voilà pour une lecture philosophique!

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