Un autre texte d’opinion
Bonjour à tous!
J’ai délibérément attendu que l’on ait des nouvelles concernant le dossier de la «création d’une réserve naturelle sur le mont JS Bourque et Bellevue » avant d’écrire sur le sujet. Tout simplement par souci de ne pas jeter d’huile sur le feu ou de foutre la pagaille. À certain moment, il est préférable de ne pas parler sur le coup de l’émotion!
Rappelons les faits : les monts Bellevue et JS Bourque sont la propriété de l’Université de Sherbrooke (75%) et de la ville de Sherbrooke (25%). L’Université désire y créer une réserve naturelle qui permettrait l’usage de la marche, de la raquette, du ski de fond mais, qui exclurait la pratique du vélo de montagne. Cette décision a soulevé la protestation citoyenne et celle-ci voit ses efforts récompensés. Bravo à l’organisme « Sentiers Eco- Vélo Sherbrooke » pour avoir monté un dossier et une pétition rapidement. D’ailleurs, cette pétition qui a recueilli plus de 2000 signatures en moins de deux semaines, a su rallier l’opinion publique! Bravo aussi au « Club de Vélo Dalbix » et à l’organisme « Sentiers Sherbrooke » pour leur ouverture d’esprit pour la volonté à vouloir collaborer et instaurer un climat d’inclusion et non d’exclusion dans le dossier. Je ne sais pas si c’est ce genre d’attitude qui a mené à la décision que nous connaissons aujourd’hui (c’est clair que cela a aidé): alors que touts les groupe d’usagers seront présents à la table de concertation. Pour l’instant, on sait qu’il y aura du vélo de montagne sur JS Bourque et Bellevue. Par contre, nous n’avons pas plus de détails sur ce qui restera des sentiers informels ni sur les sentiers qui seront crées. La prochaine mission des intervenants est de trouver un consensus qui satisfait tout le monde. Bref, une sacrée bonne nouvelle.
Aparté
Parce que, on s’entend, ce n’était pas gagné d’avance! Du moins, c’est le feeling que j’ai ressenti en regardant, sur le web, la séance d’information de la Ville et en jasant avec différents acteurs du milieu. On sentait clairement une ouverture de la part de la Ville et une fermeture de la part de l’Université.
Fin de l’aparté
Or, 12 décembre, on en est là. Je pourrais simplement me réjouir de cette décision mais j’ai envie de chialer un peu. Ça fait 2 mois que je me retiens après tout.
En cette soirée de novembre, nous avons eu droit a une pléiade d’argument pour et contre le vélo de montagne. Des arguments tous très louables et défendables…Nous avons entendu les défenseurs de la nature, des grenouilles et des salamandres venir nous expliquer qu’un sentier de vélo de montagne est dangereux pour l’écosystème de la montagne….Nous avons entendu des gens nous dirent qu’une réserve naturelle était la solution unique et qu’exclure le vélo de montagne était nécessaire…Nous avons entendu des gens nous dire que c’était une honte de faire des sentiers sans autorisations (ok, c’est pas correct mais, ça se corrige un sentier). Bref, le bashing anti vélo est bel et bien présent et c’est dur de se retenir pour ne pas lancer des tomates.
Franchement, quand on y pense comme il faut, quel est l’impact d’un sentier de vélo (Merci au gars qui a pris le micro, je reprends ton exemple)? Un sentier, c’est un impact de 2 pieds de large une fois qu’il est terminé. 4 pieds de large lorsque la pelle mécanique est dedans. C’est quoi 4 pieds dans une forêt? C’est rien! C’est rien si l’on compare à un chemin de service de 12 pieds de large! Regardez aux alentours et vous verrez qu’il y en a encore de la forêt! De la compaction? Oui, c’est nécessaire pour avoir un sentier durable. Non, ça ne poussera plus (ou très peu), le sentier est construit avec de la terre minérale pas de la terre organique. Mais, tout autour, la végétation va repousser et c’est correct ainsi.
Un autre intervenant (un technicien forestier) a parlé de la résilience des arbres et j’ai beaucoup aimé son intervention. Il disait que ce qu’il y avait de plus résilient sur cette terre, c’était les arbres. Ils en endurent des mauvais traitements et ils sont toujours là. Ce n’est pas un sentier de vélo qui va y changer de quoi. Il se passe quoi après une coupe à blanc? La compagnie forestière est prise de remords et elle envoie des étudiants pour reboiser la forêt! La nature finit par reprendre son cours. Pourtant, pourquoi avoir peur d’un sentier de vélo? Ça n’a rien d’une coupe à blanc.
Tout ça pour en venir que je trouve qu’on s’est caché derrière des arguments environnementaux bidons pour empêcher le vélo de montagne. Ça doit être des restants de cette image de bum du début du sport qui nous nuit! Un peu comme les snowboarders qui étaient les exclus des montagnes à l’époque. Parce que c’était nouveau et que ça dérangeait! Pourtant, le biker moderne est propre, il amène sa blonde et sa famille avec lui et ramasse ses déchets! Il doit sûrement composter aussi! Rien à voir avec l’image du bum irrespectueux que l’on a en tête! En tout cas, moi, je n’en ai pas croisé des bums qui ne savent pas vivre depuis que je fais du vélo de montagne. En général, les gens sont polis et respectueux. De plus, les cyclistes sont reconnaissants d’obtenir des droits de passage sur les terres privées et publiques afin de pratiquer leur sport préféré.
Je vais pousser la réflexion encore plus loin. Je trouve qu’en tant que société, nous avons une culture du « deux poids, deux mesures » lorsqu’il est question de préserver l’environnement.
Je vais faire un parallèle avec le ski hors piste en Gaspésie. Sous prétexte que l’on veut protéger le caribou, une espèce en voie de disparition, on interdit l’accès à certains territoires propice à la pratique du ski-snowboard hors piste. Par contre, on ne se gêne pas pour couper à blanc, ouvrir le territoire aux compagnies forestières ou encore pour passer un oléoduc. Au nord du 49e parallèle, le gouvernement Legault veut ouvrir et abolir les restrictions environnementales pour que les compagnies puissent faire ce qu’elles veulent avec les ressources naturelles.
Plus près de Sherbrooke, nous avons eu droit au prolongement de l’autoroute 410 et à des développements immobiliers comme la place Bergamin (sur le chemin Dunant. Ne venez pas me dire que ces projets n’ont pas d’impacts environnementaux! Come on! Prenez moi pas pour un cave. Quand tu sors de la dynamite, l’environnement est mieux de se tenir tranquille. Les salamandres et les oiseaux ont soit trouvé un autre endroit où aller vivre ou sont morts devant la dynamite et les bulldozers!
Ce qui m’achale profondément est que j’essaie de comprendre comment on a pu en venir à cette hypocrisie environnementale? À comment on en vient à tomber dans un mode de protection stricte? Dans ma tête, protéger la nature ne rime pas à en interdire l’accès.
Bon, ça fait du bien d’évacuer son trop-plein.
Il y a de belles choses qui s’en viennent pour le vélo à Sherbrooke et c’est tant mieux. Les différentes organisations d’utilisateur vont être appelées à travailler ensemble pour la construction d’un lieu commun. Oui, il y a des impairs qui ont été commis et oui, il y a des sentiers formels et informels. Oui, un sentier ça se corrige. Oui, on peut faire en sorte qu’un sentier rencontre les normes de durabilité et de pérennité. Oui, de la signalisation, ça s’installe. Non, on ne veut pas faire un bike park géant avec des berms de 3m et plein de sauts dans JS Bourque. Oui, on a envie de faire les choses comme il faut parce qu’on a à cœur de léguer de quoi de qualité aux générations futures.
Je vais vous laisser sur ces quelques mots. Je crois qu’ils doivent nous guider pour construire le sentier qui nous attend (jeu de mot). Inclure et empêcher l’exclusion. Encadrer la construction des sentiers. Cohabiter et communiquer entre groupes d’usagers. Permettre touts les usages et partager l’espace. Prendre son temps pour bien faire les choses. Respecter la nature.
C’est juste mon opinion. Et ça fait du bien de l’exprimer!
Joyeux Noël et bonne ride!
