La fille qui voulait faire des trails

Préambule: Ok, je dois l’admettre, je suis environs 300-400 ans en retard sur ce que je devrais écrire pour ce merveilleux blogue que vous lisez avec assiduité! Je vous en remercie énormément. C’est pourquoi, aujourd’hui, je passe la plume à mon amie Emilie Vigneault qui est venue faire un contrat de sentiers de vélos de montagnes à New Richmond en Gaspésie! Merci à toi Emilie pour ton travail exceptionnel, ta présence et ta bonne humeur. Bonne lecture! -Sébastien Boismenu-

 

Tout a commencé par une bière. Je suis allée rejoindre mon ami Seb à Matane, alors qu’il était sur un contrat de bike trail avec Sentiers Boréals. On a jasé de la job de bras, du fait de travailler dehors, et je me suis sentie nostalgique de ma jeune vingtaine alors que je plantais des arbres en Abitibi. Il m’a parlé d’un contrat à venir à New Richmond où ils auraient peut-être besoin de main-d’œuvre supplémentaire. J’ai d’abord décliné l’offre sans trop y réfléchir. J’avais beaucoup trop de trucs de booker dans mon été. Puis j’y ai repensée, puis j’ai osé et ai envoyé mon cv à son boss.

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Emilie et moi dans le camion en montant à New Richmond. Elle ne savait pas dans quoi elle s’embarquait!

Deux mois plus tard, me voilà la recrue de l’équipe pour un contrat de 10 jours. Je ne sais pas à quoi m’attendre de la job (j’ai négligé de lire le blogue de Séb) et honnêtement, je ne connais absolument rien du bike de montagne. Le site est magnifique. On loge dans des petits chalets multicolores au pied de la montagne. Je rencontre l’équipe, super. Premier stress de passé.

En tant que manœuvre, ma première job est de ramasser les branches et grands fouettes que les bucherons ont abbatus pour faire place à la trail. On marche dans le bois et on déplace des bûches en essayant tant bien que mal de suivre la trace des flags roses qui délimitent le sentier. C’est une bonne remise en forme générale même si ça se corse davantage lorsqu’on tombe dans l’apic de la montagne.

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Premier contact avec le bois. Oui, il va y avoir (éventuellement) un sentier sous ses 4 pieds de haut de branches. On apprend à la dure ce qu’est une forêt en « St-Michel ». Une forêt très touffue et dense où les arbres sont très collés. St-Michel ne devait pas être un saint très apprécié!

La deuxième journée débute comme la première mais on tombe dans la finition, c’est-à-dire raclage et placage de la piste, dès l’après-midi. C’est là que je réalise qu’en deux jours, j’ai vu naître une trail de montagne. C’est assez hallucinant. La veille, je marchais dans une forêt toute empêtrée de troncs, de racines et de chicots et là, je rentrais en fin de journée en marchant dans un beau petit sentier de terre battue.

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Emilie et Eric (un p’tit nouveau aussi) qui se demandent: « Ouin, on commence par où pour enlever ces branches? »

La semaine s’écoule rapidement. Je remets mes compétences d’abattage à jour en regardant mon collègue faire et je m’amuse secrètement en conduisant le quatre-roues. Après les journées de travail de 10 heures, je tombe comme une bûche, sans faire de jeu de mots. J’essaie de m’étirer au maximum, question que mes vieux os tiennent le coup, et je passe du temps à tenter de déchiffrer le jargon des gars qui parlent de bike, de rides et de scie à chaine.

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Et voilà le travail! Emilie était bien impressionné du résultat final!

Être trailbuilder, c’est travailler physiquement de longues heures au soleil, sous la pluie, à travers les mouches noires et parfois même les nids de guêpes. Je lève mon chapeau à ceux qui le font, saison après saison, année après année. Ce n’est pas un travail que tout le monde peut faire mais, au même titre que le planting, c’est une chose à essayer une fois dans sa vie, ne serait‑ce que pour le dépassement de soi.

Emilie Vigneault

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