Des nouvelles du bois en attendant l’été (tsé)

J’ai envie de vous résumer les sept premières semaines de notre saison de trailbuilding de 2017. Pour moi, la saison a débuté la 2e semaine de mai. J’ai pris le luxe de prendre une semaine de vacances entre le resto et les sentiers. Juste question de recharger les batteries, de faire une cassure entre les deux emplois et de passer du temps avec mes enfants avant d’attaquer la saison de sentiers. L’appel du bois s’est fait sentir encore une fois, et j’y ai répondu avec enthousiasme. Un besoin de nouvelles aventures, de développer de nouvelles compétences et de sortir de ma zone de confort se profilait à l’horizon.

IMG_3658
La rivière Ste-Anne à Bras du nord alors que la nature dort encore en ce début de moi de mai.
On est sept dans l’équipe : Max (opérateur de pelle depuis 2013 avec Sentiers Boréals et rider émérite depuis sa naissance), Junior (opérateur de pelle et  bûcheron avec SB depuis 2014), Mathieu (Trailbuilder depuis 18 ans, 6ans professionnellement au Mont‑Sainte‑Anne, 1ère année avec SB),  Guillaume (menuisier-charpentier depuis longtemps, 1ère  année avec SB), Jérome le boss (Entrepreneur et trailbuilder depuis plus de 15 ans, Marie-Josée (Adjointe et conjointe de Jérome) et moi, Sébastien (trailbuilder avec 3 ans d’expérience, ma 2e saison complète avec SB). Ça fait une gang bien diversifiée et bien sympathique, tous animés par la passion du bike et des sentiers.

Franchement, je suis content de retrouver Max, Jérome et Junior puisque nous avions déjà travaillé ensemble : Jérome et Max à la saison 2013 et le contrat à Gaspé en 2015, et Junior, le contrat à Gaspé en 2015 seulement. Et je suis content d’apprendre à connaître Guillaume et Mathieu. J’aime bien l’ambiance dans l’équipe, c’est sympathique et sans prétention. C’est un trip de gang dans le bois. Chacun a ses forces et ses faiblesses, et il faut qu’on arrive à composer avec tout ça pour que notre ouvrage soit irréprochable.

IMG_3735
De gauche à droite: Guillaume en rouge, Jérome, Mathieu ou Junior qui regarde ailleurs et Maxime. Et notre pont style rollercoaster qui est, disons-le, franchement sur la coche!
Le temps passe vite et être dans le bois ne nous soustrait pas à son étreinte. Et ce, même si on s’enligne avec la nature et les éléments. Le temps, lui, il est. Tout simplement. Ni plus vite, ni plus lent. Peu importe si tu es fatigué ou super allumé. Les journées sont longues et exigeantes. On commence vers 7 h pour finir vers 17 h – 18 h. Ensuite, c’est le retour au chalet, prendre une bière, faire à manger, se raconter nos journées et bien vite, le sommeil revient nous chercher.

Notre travail est éreintant et le lendemain arrive rapidement. Trop rapidement! Les conditions météorologiques sont difficiles : il faut composer avec la pluie, le froid, la chaleur, l’humidité, la neige (à Bras du Nord, un matin au début mai, il neigeait!). Ajoutez  à cela les mouches de toutes sortes et le travail physique, marcher de grandes distances avec les outils, souffler les sentiers et les sorties d’eau pour enlever les feuilles accumulées de l’automne, transporter de la roche ou de la terre à la chaudière, amener en 4 roues des calvettes de 20 pieds de long, transporter du bois pour faire des ponts (des planches de scierie brutes en pruche bien pesantes 2 x 6, 4 x 4, 6 x 6) dans des chemins pas nécessairement accueillants et à la surface de roulement irrégulière.

 

IMG_3651
Un matin de mai sous la neige à Bras du Nord! Il faut s’attendre à toutes les conditions climatiques!
En fait, rien n’est jamais vraiment évident. Il n’y a que rarement des situations où les conditions sont optimales et où les tâches à exécuter se font sans anicroche. La forêt recèle toutes sortes de défis : roches, souches, trous d’eau, inégalités du terrain, etc…Et les mouches…je m’en suis sauvé les deux dernières semaines puisque j’étais à Matane et à Sherbrooke avec Junior. Le reste de l’équipe était demeuré à Bras du Nord. Mais hier, lundi le 19 juin et aujourd’hui, c’était plutôt terrible! Un remarquable échantillon de brûlots, mouches à chevreuil et frappa à bord nous attaquaient de toute part! Ce n’est pas évident sur le moral et sur le contrôle de soi! On finit tous par péter une coche et s’enfuir en courant!

 

IMG_3835

Bon, pendant que nos gentils collègues se faisaient dévorer par les mouches, Junior et moi sommes allés à Matane.

Au club de vélo Eolien de Matane nous attendait leur plus vieux sentier, L’Eole, long de 1,25km, qui était envahi par les racines. Il fallait le rendre agréable à rouler de nouveau et y intégrer une section « flowtrail » avec rollers et berms. Les deux premières journées se sont déroulées sans anicroche. Nous avions avec nous deux bénévoles du Club de vélo qui ont été d’une aide précieuse. J’ai bien aimé cette occasion de former et de transmettre mes connaissances. On oublie souvent qu’après la construction de sentiers vient leur entretien. Et nous ne pouvons pas toujours être là! De là l’importance que les gens en place puissent mettre la main à la pâte et s’acquitter des tâches telles que le soufflage des feuilles et des sorties d’eau, le bûchage en tout genre et les réparations mineures des sentiers. Un sentier de vélo, ça change au cours des saisons selon le nombre d’utilisateurs et les précipitations.

IMG_3873
Argile pure…Communément appelée « La grosse bleue pas travaillable ». Cauchemar du trailbuilder.
Donc, les problèmes sont apparus en fin de journée mardi. Junior, le visage long, m’interpelle et me dit : « Man, tu vas avoir du fun demain, j’ai un beau 100m d’argile pure! » Non!!!!Pas de l’argile pure, qui est imperméable et impossible à travailler! Horreur, consternation et désespoir! La pire merde dans la vie du trailbuilder m’arrivait! Et je redoutais ce moment…La grosse bleue! Pas la bière! Ni celle du feu d’artifice! La grosse argile bleue que tu ne peux pas rien faire avec sauf la remettre dans son trou! Mais, ça ne réglera pas ton problème! Comme chaque problème a sa solution, nous avons trouvé plus haut de quoi recouvrir le tout et la faire disparaître sous une couche de 2 pouces de poussière de roche! La belle affaire! Solution rapide, mais qui demande un certain lot d’efforts pour remplir la remorque du 4 roues (une bonne douzaine de fois) et transporter le matériel sur un bon 100m pour rendre le tout praticable. Ça, c’était pour l’avant-midi.

IMG_3874
Chaque problème a sa solution! Voici l’argile recouverte de roche et de poussière de roche. Ensuite la plaque vibrante pour compacter et votre sentier est fonctionnel!
Pour  l’après-midi, Junior était parti comme une balle, en pelletant par en avant pour gagner du temps et parce qu’il y avait de la belle terre à profusion!  Les deux gars avec moi se disent : « On sera jamais capable de le rattraper! ». « Ah ouin, répliquai-je. Check nous ben aller! » On est parti comme des balles aussi, pas arrêtables et à cinq heures tapant, nous avions rejoint Junior qui regardait le temps passer…ou presque! Un record d’équipe a été établi cette journée‑là : 582 mètres de sentiers construits et plaqués! D’ordinaire, une bonne journée tourne entre 250 et 300 mètres.

Le lendemain, on est repartis avec le même état d’esprit et on a construit un beau pont de 16 pieds de long. Le résultat est très joli! Le soir Émilie, ma chum de Rimouski, est venue faire un tour à Matane pour prendre une bière avec nous. C’était bien agréable de la voir. C’est toujours agréable d’avoir de la visite des amis quand on est à l’extérieur. C’est agréable aussi quand c’est les blondes, les enfants et les amis des autres gars de l’équipe qui viennent faire leur tour. Ça change la dynamique et les idées. Ça fait du bien d’inclure d’autres personnes qui nous sont chères dans notre aventure de trailbuilder. Fa que, venez donc faire votre tour! On est accueillants et on connaît des bonnes micro-brasseries!

Sherbrooke

Après cinq semaines sur la route, il fait bon de se retrouver à Sherbrooke et de pouvoir voir les enfants plus souvent. Quoique mon ado n’est pas souvent là! Je me reprends avec ma fille qui, elle, n’a pas le choix de rester avec son père! Elle fait pitié, c’est effrayant! C’est le fun aussi de rentrer chez soi le soir et de se retrouver dans ses affaires!

Bon, revenons à notre travail! À Sherbrooke, nous avons retravaillé une section complète du sentier « Balazie » en y ajoutant quelques berms de notre cru! Belle job mon Junior! C’était facile de faire la finition de tes berms! Beaucoup de matériel pour travailler et du beau travail de mise en forme du berm de ta part! On est allés aussi retaper la montée de la « Léandre » et agrémenter de quelques berms  « l’épingle ». On a croisé bien du monde cette semaine‑là. Les compliments et les encouragements surgissaient de toutes parts et, ça fait du bien de les entendre! C’est le crémage sur le gâteau!

IMG_3909
Un tout nouveau « rock garden » est apparu dans la piste « Balazie » à Sherbrooke.
Je peux dire qu’on a une belle saison et que tout se passe bien! Les gars sont cools et dédiés à leur travail. On fait de la belle job et on cherche à se dépasser. Très, très agréable!

De mon bord, j’essaie de nourrir le blogue le plus souvent possible. C’est plus facile de faire un petit post sur Facebook tous les jours que d’écrire un article plus long. Celui‑ci n’est pas publié qu’il faut que je commence le prochain! Ça sera une entrevue avec mon collègue Junior Belleville!

Tout ça pour vous dire que le temps passe trop vite à mon goût. Il est déjà 22 h et mes yeux picotent de fatigue et j’en suis encore à écrire. Bientôt, Morphée va venir me réclamer pour la nuit. Il y a plein de choses qui bougent pour le blogue. J’ai un ami illustrateur qui est en train de me faire du matériel promotionnel. J’ai bien hâte de vous montrer tout ça!

IMG_3910
Toujours dans la « Balazie », une série de berms est apparue et sont très agréables à rouler!
Pis, je me répète, mais si vous avez envie d’aimer, de partager et d’inviter vos amis à me suivre, vous allez me rendre très heureux! Et vous me rendez très heureux en me complimentant sur les textes lorsque l’on se croise dans les sentiers!

À bientôt!

Sébastien Boismenu

Laisser un commentaire